REGIS

REGIS : Résistance aux antibiotiques en filière ostréicole

Ce projet financé par le Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation s'inscrit dans le cadre du Plan ÉcoAntibio 2 et réunit 3 partenaires :

  • L’Association Régionale pour la Prévention de l’ANTibiorésistance en santé animale (ARPANT) est une association loi 1901 créée en novembre 2016 avec pour objectif la coordination des acteurs dans le domaine de l’antibiorésistance en santé animale au sein de la région Nouvelle Aquitaine
  • Le Laboratoire Qualyse, agréé pour l’analyse des coquillages avant leur mise sur le marché, pour la recherche de Vibrios spp. et pour la recherche de bactéries résistantes dans le cadre du plan de surveillance DGAL
  • Le laboratoire LGPMM de l’Ifremer de La Tremblade exerce des activités de recherche, de surveillance, d’avis/expertise et de soutien aux filières de production des mollusques d’élevage et de pêche du littoral français. Il est spécialisé dans les domaines de la génétique et de la pathologie des mollusques marins (LNR et LRUE). Il est également producteur de naissain, et a un accès facile aux gisement naturels répertoriés.

Contexte et objectif du projet :

En France, la surveillance de la résistance aux antibiotiques dans le domaine de la santé animale et de l’agriculture s’effectue selon deux approches complémentaires : (1) la première définie par la Décision 2013/652/UE de la Commission Européenne et déclinée nationalement à travers les plans de surveillance annuels sur certaines espèces à l’abattoir ; (2) La seconde à travers la compilation des antibiogrammes effectués sur des isolats considérés comme pathogènes par les laboratoires vétérinaires d’analyses au sein du réseau RESAPATH.

Ces deux approches (la première, active, et la seconde, passive) permettent une bonne évaluation de la résistance dans les différentes filières. Malheureusement, aucune des deux n’inclut pour le moment des bactéries sentinelles ou des bactéries pathogènes issues de coquillages pour l’étude de leur profil de résistance (rapport annuel RESAPATH, BEH 2018).

Néanmoins, plusieurs arguments justifieraient une investigation dans cette filière :

  • La filière conchylicole se situe en aval de bassins versants, et peut être exposée à des effluents d’origine agricole ou humaine
  • Les bivalves filtreurs ont une capacité à concentrer des microorganismes et sont consommés crus, ce qui favorise une exposition directe de l’homme à des bactéries résistantes si elles existent
  • 49% du naissain d’huitres creuses (Crassostrea gigas) est issu d’écloseries, dont certaines sont utilisatrices d’antibiotiques pour le contrôle zoosanitaire de leurs productions (en particulier au stade larvaire ou pour les géniteurs)
  • Les connaissances sur la résistance des agents pathogènes des coquillages (en particulier le genre Vibrio) sont très restreintes, en dehors d’un rapport interne du centre de ressources biologiques d’IFREMER de 2004 (non publié).

Un premier état des lieux de la résistance aux antibiotiques dans cette filière (bactéries sentinelles et bactéries potentiellement pathogènes pour les coquillages) permettrait donc une meilleure connaissance et par conséquent une meilleure sensibilisation des acteurs impliqués (vétérinaires spécialisés, conchyliculteurs, écloseries, centres techniques) (Ducrot et al., 2018)

L’huître creuse Crassostrea gigas étant l’espèce principale produite en France, ce projet se propose donc d’investiguer la résistance aux antibiotiques de bactéries isolées d’huîtres de manière quantitative et qualitative, à partir d’échantillonnages réalisés à différents stades de vie (géniteurs, larve, naissain et adultes) et de différentes origines de la zone Poitou-Charentes, qui couvre 47% de la production ostréicole française (Le Bihan et al. 2014)